samedi 16 août 2014

lettre océan indien dépèches datant 15 jours source "factiva académique "


ALERTE LOI
Rio Tinto boycotte Air Madagascar
250 words
23 July 2014
IOLETF
1384
French
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La société minière Qit Madagascar Minerals (QMM), détenue à 80% par l'anglo-australien Rio Tinto et à 20% par l'Etat malgache, a émis la semaine dernière une circulaire à l'intention de ses employés signée par Andrew Lye, le directeur général des opérations de Rio Tinto. Cette note leur interdit d'emprunter les vols intérieurs d'Air Madagascar.
Les avions de la compagnie aérienne nationale, qui assure la desserte de Fort Dauphin où QMM est basée, ont vu leur quota d'heures de vol expirer le 12 juillet et Air Madagascar n'a pas encore procédé à la maintenance technique nécessaire même si la compagnie continue à les utiliser. QMM a donc estimé que le niveau de sécurité proposé par Air Madagascar sur ses liaisons entre Fort Dauphin et Antananarivo était insuffisant.
En attendant que la compagnie malgache se conforme aux normes de sécurité, QMM a mis à la disposition de ses salariés des avions-taxis de type Cessna Citation Excel loués aux sociétés privées Henri Fraise fils & Cie et Madagascar Trans Air (MTA), dont le coût de location s'élève à 4 500 € par heure de vol.
Toutefois, le dialogue entre QMM et Air Madagascar n'est pas rompu. Ainsi, Andrew Lye informait cette semaine ses salariés que QMM était "toujours en contact avec Air Madagascar, qui s'est engagée à soutenir [la société minière] dans un avenir prévisible" (voir ici). Wait and see !
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WHO'S WHO
Arisoa Lala Razafitrimo
150 words
18 July 2014
IOLETF
1384
French
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La ministre malgache des affaires étrangères, Arisoa Lala Razafitrimo, a adressé un e-mail le 4 juillet à La Lettre de l'Océan Indien à la suite de la parution de l'article intitulé "Un Français qui n'a pas froid aux yeux" (LOI nº1383). Celui-ci rapportait qu'en une occasion récente et précise, le Français Bernard Belair, basé à Madagascar, avait affirmé qu'il était conseiller du ministre malgache des affaires étrangères. Dans sa missive, Mme Razafitrimo indiquait qu'elle ne connaissait "aucun Bernard Belair" et que dans son cabinet qui relève d'un "ministère de souveraineté, il ne saurait y avoir aucune personne de nationalité étrangère". Enfin, elle précisait qu'après enquête dans son entourage, "il a été confirmé qu'il [Belair, NDLR] ferait partie de l'entourage d'un de [ses] prédécesseurs, Pierrot Rajaonarivelo".
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AFFAIRES & RESEAUX
Emirates Airlines à la rescousse
254 words
18 July 2014
IOLETF
1384
French
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Les dirigeants d'Air Madagascar, qui ne savent pas comment tirer leur compagnie de ses difficultés financières et techniques, pourraient faire appel à Emirates Airlines.
Il y a environ deux ans, une délégation d'Emirates Airlines s'était rendue à Antananarivo pour approcher la compagnie nationale, Air Madagascar. A l'époque, cela n'avait rien donné, mais l'idée a fait son chemin et, selon nos informations, Emirates a été récemment recontacté par des représentants de la compagnie malgache. En effet, cette dernière n'a plus assez d'avions disponibles pour desservir de manière régulière ses destinations en France (Paris, Marseille) et risque de perdre les autorisations d'accès à ces aéroports (LOI nº1383). Pour éviter cela, Air Madagascar envisage de louer ces slots à une autre compagnie qui se chargerait de ces dessertes à sa place. Telle est la teneur des négociations en cours avec Emirates qui, de son côté, est depuis longtemps à la recherche des moyens d'augmenter ses vols vers l'Hexagone.
Si l'accord en cours d'élaboration se concrétisait, il prendrait la forme de la "location" à Emirates, contre rémunération, des slots de Paris et Marseille pour une durée limitée à quelques mois. Emirates desservirait alors ces destinations à partir d'Antananarivo, mais avec ses appareils, son personnel de bord et même son propre personnel au sol (comptoir d'enregistrement). Ce qui ne manquerait pas de poser quelques problèmes aux salariés d'Air Madagascar.
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AFFAIRES & RESEAUX
Roger Kolo veut taxer les télécoms
289 words
18 July 2014
IOLETF
1384
French
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Le gouvernement malgache a pris langue avec deux sociétés françaises de télécoms afin de taxer les opérateurs sur les appels internationaux entrants.
Pour augmenter les recettes de l'Etat, le premier ministre, Roger Kolo, envisage de mettre en place un contrôle des appels internationaux entrants afin de déterminer si les déclarations des opérateurs téléphoniques locaux correspondent bien aux flux réels ou s'il doit leur imposer une taxe spéciale. L'un de ses conseillers et amis proches, l'homme d'affaires Alain Ramanantsoa, a donc contacté en mai deux sociétés parisiennes susceptibles de fournir le logiciel nécessaire. Il leur a également suggéré d'aider à régler les frais de séjour de Roger Kolo et de sa délégation en visite à Paris.
La première des deux firmes sollicitées, N-Soft, dirigée par Roger Zini et Prakash Sabunani, avait déjà abordé ce sujet avec le gouvernement malgache de la transition il y a deux ans. La seconde est Ercom, dirigée par Yannick Dupuch, spécialisée dans la sécurité et l'interception des communications et qui est notamment prestataire de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française.
Après avoir séjourné au Sofitel Paris Le Faubourg, un cinq-étoiles où le prix des chambres oscille entre 600 et 1 200 €, Roger Kolo et sa délégation s'étaient rendus en Suisse pour l'assemblée générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), du 19 au 24 mai. A l'ambassade de Madagascar à Genève, Roger Kolo a signé avec un représentant d'Ercom, Quentin Martel, une lettre d'intention qui positionnerait la société sur ce marché. A ce jour, aucun d'appel d'offres n'a été lancé.
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RTE LOI
Ciel nuageux pour la compagnie nationale
359 words
9 July 2014
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1383
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Air Madagascar est loin de se rapprocher de son objectif d'assainir ses comptes pour permettre à ses avions de voler. La compagnie nationale a accumulé des dettes de toutes parts et, à force de retards et d'annulations de vols, elle est devenue un cauchemar pour des centaines de passagers. Le 3 juillet, une personnalité a même été laissée sur le tarmac parisien parmi plus de 200 autres voyageurs en rade faute de places : le président Hery Rajaonarimampianina, de retour du Vatican où il avait été reçu par le pape François. Bloqué à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, il a été contraint de se rabattre sur un vol d'Air France pour rejoindre son pays. Voahangy Rajaonarimampianina, sa femme, a eu plus de chance, en parvenant à monter dans le Boeing767 affrété par Air Madagascar.
A l’origine de tous ces désordres, le mauvais état de la flotte malgache, qui lui a valu d'être black-listée par l’Union européenne (UE) : un AirbusA340 interdit de survoler l'Europe, un seul de ses deux B737 en état de marche, deux ATR sur quatre cloués au sol. Pour desservir le Vieux Continent, la compagnie malgache a donc passé un contrat de leasing Aircraft, Complete Crew, Maintenance and Insurance (ACMI) pour un B767 avec la firme portugaise EuroAtlantic Airways. Mais, lasse des nombreux arriérés d'Air Madagascar, cette dernière a exigé un paiement d’avance des trajets (carburant compris), notamment pour le vol inaugural de la ligne Marseille-Moroni-Antananarivo, le 29 juin. Air Madagascar a dû s'exécuter pour ne pas perdre son autorisation de desservir Marseille. Mais, par manque d'argent, d'autres vols ont été annulés, provoquant l'embouteillage du vol Paris-Antananarivo le 3 juillet.
Et les choses ne vont guère s'arranger : le leasing du B767 arrive à échéance fin août et EuroAtlantic Airways a déjà proposé de nouvelles conditions pour la prolongation de ce contrat. Air Madagascar devra débourser d'avance 6 600 dollars par heure effective de vol (carburant compris) contre 4 400 dollars (sans le carburant) aujourd'hui.
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WHO'S WHO
Patrick Rakotomalala
132 words
4 July 2014
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1383
French
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Rencontrant des membres de la diaspora malgache en France l'an dernier, Haleh Bridi, alors directrice de la Banque mondiale pour l’océan Indien, leur avait promis un appui s'ils s'organisaient. C'est ce qu'ils ont fait avec le bureau constitutif de la fédération des associations FACT-Madagascar, mis sur pied le mois dernier et regroupant une trentaine d’associations. Patrick Rakotomalala en est le président, Marie-Jo Focard et Bruno Ralay-Ranaivo les deux vice-présidents. Gérant d’un petit centre de formation, AFCEPF, Rakotomalala est surtout connu comme représentant en France du parti Vert de Saraha Rabeharisoa. De son côté, Bruno Ralay-Ranaivo a travaillé pour Robinson Jean Louis, candidat malheureux au scrutin présidentiel de décembre 2013.
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AFFAIRES & RESEAUX
Un agent maritime qui revient de loin
254 words
4 July 2014
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1383
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Madagascar Shipping Agency, suspendu en mars pour transport non autorisé d'armements, a obtenu la levée de cette sanction grâce à l'intervention du premier ministre.
Le lobbying de Mahajoro Rekany, PDG de l'agence maritime Madagascar Shipping Agency (MSA), pour faire lever la suspension des activités de sa société en matière d'assistance aux équipes de protection embarquées (EPE) a fini par payer. Le premier ministre, Roger Kolo, est directement intervenu par courrier, le 3 juin (voir ici), auprès du ministre de la défense pour que MSA puisse reprendre ses activités. Celles-ci avaient été suspendues par un courrier du ministre des forces armées, André Lucien Rakotoarimasy, daté du 4 mars et adressé à la directrice générale de la société, Christiane Ramambasoa (voir ici). Le général Rakotoarimasy jugeait illégal qu'un bateau affrété par MSA ait débarqué le 11 février à Toamasina des armes et des munitions appartenant à la société britannique de sécurité Citadel Maritime, étant donné que l'agent ne disposait pas d'autorisation du ministère des forces armées ni des autorités portuaires de la ville pour le faire.
En 2012, le même ministre avait déjà suspendu pour des motifs identiques la société sud-africaine Sturrock Flex Shipping, dont Mahajoro Rekany coordonnait les activités à Madagascar à l'époque. Rekany, fils d'un militaire respecté de la région de Toliara (sud du pays), s'est présenté aux élections législatives de 2013 dans cette circonscription, sans succès
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AFFAIRES & RESEAUX
Roger Kolo ne fait pas recette
246 words
4 July 2014
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1383
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La table ronde avec le secteur privé organisée le 27 juin a été boudée par plusieurs dirigeants d'entreprise et chefs de syndicats patronaux.
Le premier ministre, Roger Kolo, s'est démené comme un beau diable pendant une semaine pour faire organiser un déjeuner avec des représentants du secteur privé à l'hôtel Colbert, le 27 juin. Son conseiller Michel Domenichini Ramiaramanana a envoyé à plusieurs reprises des courriels depuis la primature aux businessmen de la place pour qu'ils participent à ce déjeuner à leur frais, à raison de 250 000 ariary par personne (75 €). Les sommes récoltées devaient financer trois fonds de solidarité destinés à la réinsertion des chômeurs dans le monde du travail. Mais les dirigeants d'entreprises touchées par la crise politique de ces cinq dernières années attendent plutôt du gouvernement des mesures pour améliorer leurs relations avec les services fiscaux.
Aussi quelques grands manitous du secteur privé ont-ils boudé ce déjeuner. Ni la présidente du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), Noro Andriamamonjiarison, ni le président du syndicat patronal Fivmpama, Ntsoa Randriamifidimanana, n'y ont ainsi participé. Pas plus d'ailleurs que des hommes d'affaires de premier plan comme Hassanein Hiridjee ou Naina Andriantsitohaina. Parmi la vingtaine de présents, dont le premier ministre a fait l'effort d'écouter les désidératas, figuraient Emmanuel de Tailly (Star), Philippe Penouty (Socolait) ou encore Jean-Pierre Badano (Score
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POLITIQUE & POUVOIRS
Un Français qui n'a pas froid aux yeux
367 words
4 July 2014
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1383
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Le délégué local d'Arcode-Europe, le Français Bernard Belair, mène un lobbying forcené auprès des autorités.
Représentant d'Arcode-Europe Ltd à Madagascar, le Français Bernard Belair, qui réside dans ce pays depuis quelques années, poursuit son lobbying visant à faire accepter par les autorités le montage financier proposé par cette société (LOI nº1381). En vain pour l'instant. De son côté, Claude Fagothey, le directeur juridique d'Arcode-Europe, s'est fait un peu rembarrer par la Banque centrale de Madagascar (BCM) lorsqu'il est venu présenter ce dossier. Belair bénéficie du soutien de la commissaire Nathalie Rakotoarivelo, dont il est très proche ; cette ancienne numéro deux de la Police de l'air et des frontières (PAF) à l'aéroport d'Ivato (Antananarivo) joue des coudes pour l'introduire en haut lieu. Il est également connecté à Freddie Mahazoasy, vice-président de l'Assemblée nationale et président du conseil d'administration de la Secren (chantiers navals). Mais il cherche d'autres appuis, auprès notamment du Franco-Malgache Patrick Leloup, pour essayer d'avoir accès au président Hery Rajaonarimampianina.
Belair est un homme parfois controversé. Ainsi, il a été en conflit avec la gérante de sa société Semibel. Il a par ailleurs fait de mirobolantes promesses à l'ex-ministre des affaires étrangères Pierrot Rajaonarivelo lorsque celui-ci a voulu se présenter au scrutin présidentiel de fin 2013. Cependant, l'aide qu'il avait promise n'est jamais arrivée. Par contre, Belair est depuis lors en bisbille avec Alain Moyon, le patron français d'AssistDéveloppement, qui lui réclame plus de 200 000 €.
Le 10 juin, Belair a provoqué un mini-incident à l'aéroport d'Ivato alors qu'il accompagnait un Français se rendant à Mahajanga. Il a voulu entrer en salle d'embarquement avec un simple badge de parking en affirmant qu'il était conseiller du ministre des affaires étrangères, Arisoa Lala Razafitrimo. Les employés de la CSPI Madagascar, assurant la sécurité de l'aéroport, l'ont éconduit. Il s'en est alors pris à un agent féminin de CSPI-Madagascar, puis au responsable de cette société
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POLITIQUE & POUVOIRS/EN PREMIERE LIGNE
Vers une réforme du code malgache de la communication
172 words
4 July 2014
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1383
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Le ministre de la communication, Cyrille Reboza, devrait présenter à la rentrée parlementaire d'octobre un projet de révision du code de la communication, qui date des années 90. Cette initiative fait suite aux propositions présentées par le Groupement des éditeurs de presse d'information et du multimédia de Madagascar (Gepimm). Le Gepimm avait collaboré au printemps avec Jean-Michel Audineau et Loïc Hervouët, de l'association Africamédias, alors en mission sur place. Ils avaient étudié trois thèmes principaux pour la refonte du code : l'élaboration d'un système d'aide à la presse, la réflexion sur un statut de la presse en ligne et la législation sur les délits de presse. Cyrille Reboza espère que ses propositions convaincront le milieu journalistique, dont il doit gagner la confiance. Il bénéficie pour cela des conseils de Johary Ravaojanahary (directeur de l'ORTM) et de Herinirina Lalao Razafimahefa (directeur du développement numérique au ministère).
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jeudi 14 août 2014

Oxmo Puccino 140 piles











Neuser Marie " Je tue les enfants français dans les jardins " Edit l'écaiiller 2011



































vous haissez Dadabe, vous révez d'étre sa (son) flowers
il vous bazarde la suite de ce bouquin, ou bien son dernier, en pdf,piéce jointe à mail, si, vous étes sur Madagascar


Tout comprendre du conflit entre Amazon et l'industrie du livre Par Audrey Fournier

Le Kindle est la liseuse maison d'Amazon.

Tout comprendre du conflit entre Amazon et l'industrie du livre16


Alors que le distributeur en ligne est en conflit avec l'éditeur français Hachette, 900 écrivains sont montés au créneau pour dénoncer des pratiques jugées déloyales

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Le Kindle est la liseuse maison d'Amazon.
Le Kindle est la liseuse maison d'Amazon. | REUTERS/SHANNON STAPLETON

La fronde du milieu de l'édition contre Amazon, géant de la distribution en ligne, a gagné en ampleur le week-end du 9 août, avec la publication aux Etats-Unis d'une lettre de protestation signée par 900 écrivains de renom. En France et ailleurs, les librairies « en dur » peinent à faire face à la concurrence de l'e-commerce. Quelles sont les racines du conflit ?
  • Que reprochent les maisons d'édition à Amazon ?
Le groupe est engagé depuis de longs mois dans une lutte avec l'éditeur français Hachette, qui refuse de baisser le prix de ses livres numériques sur le marché américain. Amazon, qui souhaitait imposer un prix unique de 9,99 dollars (7,50 euros) sur les livres électroniques d'Hachette, a en effet tout à y gagner, car cela lui permettrait d'inciter les lecteurs à utiliser sa liseuse électronique Kindle. Le site commence déjà à tirer les tarifs vers le bas : par exemple, le best-seller américain Gone Girl de Gillian Flynn est disponible, en version originale, à 5,98 euros en format Kindle sur Amazon, contre 7,80 euros sur le site de la Fnac (mais en format ePub, qui peut être lu sur plusieurs dispositifs différents, pas seulement sur le Kobo, la liseuse « maison »).
Ce qui avait commencé comme un simple conflit commercial a peu à peu dégénéré et Amazon a pris des mesures de rétorsion contre la maison française : délais de livraison allongés, impossibilité d'effectuer des précommandes et suppression d'éventuelles réductions sur les livres.
Un groupe de 900 écrivains, réunis sous la bannière « Authors united » a publié une double page dans le New York Times le week-end dernier pour dénoncer ces pratiques. Parmi eux, de grands noms de la littérature, comme Paul Auster, John Grisham, Stephen King, Donna Tartt, mais aussi la canadienne francophone Nancy Huston, qui donnent de l'écho au combat, qui concerne moins Hachette en particulier que la défense du rôle des maisons d'édition en général.
Pour Amazon et Hachette, les enjeux ne sont pas comparables. L'e-commerce est une activité bénéficiaire pour Amazon, mais elle ne représente qu'une partie minoritaire de son chiffre d'affaires. Si Amazon recule sur le prix des livres électroniques, l'impact dans ses comptes sera donc faible, d'autant plus qu'elle détient 60 % de parts de marché aux Etats-Unis. Le préjudice pour Hachette serait vraisemblablement beaucoup plus important.
  • Peut-on parler de concurrence déloyale ?
Si le marché du livre électronique reste modeste (seulement 5 % du marché en France, mais plus de 20 % aux Etats-Unis), les ventes à distance (livres papier et électroniques) ne cessent de progresser : + 6 % en 2013 en France.
Amazon s'est positionnée depuis la fin des années 1990 sur ce créneau en proposant une offre large, expédiée dans des délais très serrés. Mais la loi Lang de 1981 sur le prix unique du livre contraint les libraires à ne pas dépasser les 5 % de rabais, ce qui limite leur marge de manœuvre et ne leur permet pas de jouer sur les volumes de vente.
Cherchant un moyen de faire baisser les prix sur le marché français, Amazon a tenté de faire passer les frais de livraison à 0 euro. La Fnac l'a imitée. Ce dumping n'a pas été vu d'un bon œil par le Parlement, qui a voté au printemps une loi dite « anti-Amazon » pour interdire le cumul de la gratuité des frais de port et le rabais de 5 %. Réponse des intéressés ? Faire passer les frais de port de 0 à... 1 centime d'euro « sur les commandes contenant des livres ». Et la Fnac de lui emboîter le pas.
Le but de ce texte, aussitôt promulgué, aussitôt contourné, était de protéger un secteur malmené depuis quelques mois, en figeant les prix. Sauf que l'attractivité d'Amazon ne tient pas seulement à sa volonté de proposer des prix bas, mais aussi, et surtout, à la taille de son catalogue et à ses moyens logistiques pour assurer une livraison rapide. Et sur ces points, les moyens déployés par Amazon sont effectivement disproportionnés par rapport à ceux des libraires indépendants, grâce notamment à une politique d'investissement massif dans les centres logistiques.
Un détail, et pas des moindres, Amazon est régulièrement pointé du doigt pour ses pratiques fiscales : la société paierait en effet un impôt largement inférieur à ce qu'elle devrait verser au vu de son chiffre d'affaires réalisé sur le territoire. Cet argument est repris par les pourfendeurs de la firme américaine, qui estiment qu'elle bénéficie de fait d'un avantage concurrentiel injustifié.
  • Comment s'en sortent les distributeurs français de produits culturels ?
Ancien hérault du cassage de prix, jusqu'à la promulgation du prix unique du livre en 1981, la Fnac tente de jouer à armes égales avec Amazon, en s'appuyant sur son vaste réseau de magasins et sur le Kobo, sa liseuse maison, adossée à sa propre plateforme de distribution de livres électroniques. L'agitateur culturel a publié des résultats positifs en début d'année, fruit de sévères mesures d'économie et d'un plan social. Le but : livrer aussi vite qu'Amazon tout en proposant des prix attractifs, et se diversifier sur d'autres produits (électroménager). La stratégie s'est avérée payante, à court terme.
Au contraire, le réseau de librairies Chapitre, deuxième en France après la Fnac, a mis la clé sous la porte en début d'année. Constitué de librairies indépendantes regroupées pour mieux survivre, ce réseau a échoué à faire repartir son chiffre d'affaires et les 57 magasins ont été mis en vente pour les transformer en « réseau de librairies indépendantes ». La stratégie du groupe, qui a consisté à uniformiser les librairies en les faisant passer sous la toise de France Loisirs, n'a pas convaincu la clientèle de revenir. 
  • La France est-elle la seule à faire de la résistance ?
Non. De grands libraires américains pâtissent aussi de la concurrence d'Amazon. Barnes & Noble a ainsi vu son chiffre d'affaires chuter de 10 % en deux ans, victime de l'essor du commerce en ligne et du développement des livres numériques, dans un pays où lire sur tablette est devenu banal. Pour survivre, Barnes & Noble vient d'annoncer avoir noué un partenariat avec Google sur la livraison, pour pouvoir acheminer plus vite les commandes grâce au service de messagerie Google Shopping Express.
Le libraire a en outre laissé tomber sa liseuse Nook, et noué un partenariat avec Samsung pour proposer sa plateforme de livres numériques sur les tablettes du fabricant coréen. En cinq ans, Barnes & Noble a fermé une soixantaine de librairies aux Etats-Unis, mais a réussi à compenser le repli du chiffre d'affaires par des coupes dans ses dépenses. Reste à savoir combien de temps cette stratégie sera efficace.
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Marie Neuser, Marseille à la vie à la mort // Gilles Rof et Yann Plougastel // Le Monde 8 aout

Marie Neuser appartient à une nouvelle génération d'écrivains marseillais de romans noirs.

Marie Neuser, Marseille à la vie à la mort


Du polar dans le terroir (5/6). La citée phocéenne a imprimé la rétine et l'imaginaire de l'auteure, prof en ZEP.


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LE MONDE |  • Mis à jour le  |

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Marie Neuser appartient à une nouvelle génération d'écrivains marseillais de romans noirs.
Marie Neuser appartient à une nouvelle génération d'écrivains marseillais de romans noirs. | GIULIA D'ANNA LUPO

Du polar dans le terroir (5/6). Frange et queue-de-cheval, petit Perfecto sur haut léopard. Rouge à lèvres claquant. Regard de défi. Marie Neuser a un look sixties. A 44 ans, cette agrégée d'italien est professeure dans le 3e arrondissement de Marseille, classé « quartier le plus pauvre de France » par une étude Compas de janvier et « pire lycée de la ville au regard des résultats du bac ».
Mère d'un garçon de 9 ans et demi, elle est la compagne d'un musicien de rock, leader de l'ex-groupe Elektrolux, assez connu dans le milieu alternatif français. Elle a publié Je tue les enfants français dans les jardinset Un petit jouet mécanique (L'Ecailler 2011 et 2012). Marie Neuser appartient à une nouvelle génération d'écrivains marseillais de romans noirs, révélés dans le recueil de nouvelles Marseille Noir (Asphalte, 250 p., 18 euros).
FEUILLES VOLANTES DANS PETIT CLASSEUR
Elle n'écrit jamais chez elle, préférant s'installer à la terrasse d'un café, dès que le temps le permet, ou en salle, « pour laisser traîner ses oreilles et attraper des bouts de réalité ». « J'ai besoin de sortir pour trouver l'intimité du travail », explique-t-elle en jouant du paradoxe. Petits noirs serrés, cigarettes roulées… composent l'essentiel de son paquetage d'écrivain. Elle fréquente toujours les mêmes troquets, la terrasse couverte des Danaïdes, tout en haut de la Canebière, en hiver, et en été les bars de la Plaine, son quartier, une grande esplanade perchée sur une butte, ou Le Dernier Métro, boulevard Chave… à côté du tramway.
Elle écrit sur des feuilles volantes réunies dans un petit classeur. Celui qu'elle conseille à ses élèves du lycée Victor-Hugo, dans l'hyper-centre, où elle enseigne l'italien.
« Je travaille dans un ghettoEn dix-huit ans, j'y ai vu le niveau et l'ambiance se dégrader énormément. Ça fait mal. On a l'impression d'enseigner dans des ruines. On comble les lacunes de l'éducation parentale, sociale… Je ne suis pas amère, mais, après tout ce temps, j'aimerais faire mon métier complètement, et, un jour, sourit-elle les yeux pétillants, pouvoir parler de Dante à des élèves émerveillés. »
« LA GRANDE VILLE CRASSEUSE »
Marie Neuser ne s'imagine pas quitter cette ville où elle est née : « Je me suis souvent posé la question… Je ne sais pas où j'irais habiter, aucune autre ville ne m'attire autant. » Après la faillite de L'Ecailler, elle cherche un nouvel éditeur pour son dernier roman, basé sur un fait divers qui s'est déroulé en Italie.
Pour elle, l'écriture part toujours d'une colère. Si son premier roman traite de violence scolaire, c'est parce qu'elle en fut victime. Les scènes sont vécues. Elle a été étranglée contre un tableau de classe. « Mon travail d'écrivain consiste à mettre des mots sur mes sentiments, mes sensations. Je me suis lancée dans mon deuxième roman après avoir découvert l'existence du syndrome de Münchhausen par procuration. Je venais d'être maman et je ne pouvais comprendre que des femmes rendent leur enfant malade sciemment. » La nouvelle, publiée dans Marseille Noir, découle, elle, de son amour pour les îles du Frioul : « J'avais très envie d'écrire une histoire qui s'y passe entièrement. J'ai toujours été attirée par les îles, comme les enfants aiment les cabanes. On y est coupé du reste du monde. C'est ludique, une île. »
Alors que, dans son premier roman, Marseille n'est pas citée, elle parle de« la grande ville crasseuse », tout le monde l'a reconnue.
« Cette ville n'est pas forcément mon lieu d'inspiration, mais c'est un décor idéal pour le roman noir. Elle porte un sens terrible du tragique. C'est une scène de théâtre. Il suffit de voir comment les gens réagissent, sont hyperboliques en tout, ont des rapports extrêmement charnels et immédiats. Ici, tout se dénoue à coups de menace de mort, de coups de couteau. »
Elle insiste sur sa lumière exceptionnelle, bien loin des codes habituels du roman noir – pluie, brume, mystère. « La lumière est si forte que la ville et les gens sont complètement à poil, à la vue de tous. Une image cramée par le soleil. »
JAMES ELLROY, CÉLINE OU PROUST
Pour Marie Neuser, Marseille, c'est aussi la nature, la mer, les rochers… là, aux portes de la ville. « Ici, la nature est violente. Elle fait peur, comme ces gabians omniprésents dans ma nouvelle. L'oiseau, à Marseille, ce n'est pas un petit piaf. C'est ce monstre blanc qui attaque les petits chiens, défonce les poubelles, vous réveille en beuglant. Cet animal extrêmement lumineux, extrêmement agressif, avec une arme à la place du bec. Ça dit forcément quelque chose de la ville. C'est un charognard… Le matin, régulièrement, tu peux en voir qui mangent des rats. »
Nourrie de James Ellroy, Dennis Lehane, Carlos Salem, Pascal Dessaint, mais aussi de Julien Green, de Céline ou de Proust, elle aime le récit du débordement, de la violence, du désespoir, du passage à l'acte… « Le côté éruptif de mes histoires colle à cette ville. Ici, on est capable d'aller loin et vite. Et de le regretter après. Dans Marseille Noir, l'héroïne ne fait pas exprès de tuer son compagnon. C'est juste parce qu'elle coupait le poulet et qu'il est passé à ce moment-là. J'avais envie de parler d'amour. Mais d'une manière violente, acérée, incorrecte… »
Il est frappant de constater combien les auteurs marseillais de romans noirs se rejoignent sur la façon dont cette ville a formaté leur rétine. Attachés au réalisme, Marie Neuser et ses confrères voient les choses avec une impudeur et une violence que l'on ne rencontre guère ailleurs… Comme s'ils mettaient cette ville à nu dans tout ce qu'elle a de plus sordide. « Il y a une réalité sociale, géographique, humaine dans cette ville qui l'empêche d'être simplement un décor. »
Lire aussi les épisodes trois et quatre de la série (édition abonnés) : Elena Piacentini, la reine corse du polar ch'ti etSylvie Granotier a « mérité la Creuse »